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By Laetitia_7469
#304026
Bonsoir,

Il y a 23 ans j'ai été traitée pour une scoliose double majeure à Lyon. J'avais 13 ans.

J'ai eu un plâtre pendant un mois puis un corset à porter la nuit pendant 4 ans.

La pose du plâtre a été très traumatisante : faite en ambulatoire, dans une ambiance délétère, avec retour à domicile, à 200 km de Lyon dans la journée : j'ai eu des douleurs atroces sur le trajet du retour, puis pendant plusieurs jours : comme une contracture musculaire non-stop sur la totalité du tronc. Les souvenirs que j'en garde sont toujours très vifs. Un ami de mes parents, médecin généraliste, leur avait dit à l'époque que la situation nécessitait de la morphine. Je n'avais que du paracétamol.

La suite du traitement (corsets) a été effectuée dans un autre centre Lyonnais, où on a appris à l'époque que la pose d'un plâtre comme j'ai eu se faisait dans le cadre d'une hospitalisation de plusieurs jours, avec notamment un accompagnement psychologique et des antalgiques adaptés. Je n'ai rien eu de tout ça, et je réalise seulement maintenant, 23 ans après (!) que ça a laissé plus de traces psychologiques que je ne le pensais

Écrire ici ce soir est une démarche difficile, je n'ai jamais vraiment réussi jusque là à digérer cette expérience et j'en parle très peu. Aujourd'hui, pour avancer j'ai besoin d'un regard extérieur sur mon vécu, pour déterminer ce qui était normal et ce qui n'était pas. Et surtout, le médecin qui m'a plâtrée a pignon sur rue (sur internet notamment), suis-je la seule à en avoir gardé un souvenir aussi traumatisant ?

Quelles sont vos expériences de plâtrage, à Lyon notamment, récentes ou datant des années 90 comme moi ?

Merci et m'avoir lue.

Laetitia
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By Rosy
#304029
bonjour Laetitia et b11 L'expérience de la pose du plâtre a été traumatisante pour toi, surtout que tu as quitté le centre le même jour avec des douleurs sans suivi semble t'il. chaque centre a ses habitudes mais c'est sur que d'être hospitalisé, aide à résoudre bien des problèmes. pour ma part, à l'époque j'étais hospitalisée dans un autre centre lyonnais et le plâtre se posait à ce moment-là. c'est vrai que le suivi quand le plâtre sèche, sert à certains endroits, ... on est content d'être sur place pour y remédier. par contre, aucun suivi psychologique n'existait à l'époque. les traces psychologiques restent hélas aussi, pas toujours sur la pose du plâtre mais sur l’hospitalisation longue et distante du domicile familial. je crois qu'il est important de parler de ces moments difficiles et ainsi de les extérioriser, cela ne les efface pas mais permet de se soulager un peu, je le souhaite du moins. d'écrire ta souffrance ici, te permet déjà de le faire un peu. quant à ta scoliose, où en es-tu? as-tu un suivi?

au vu de ton âge, ton histoire a été transférée dans la partie des témoignages adultes
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By Fanette
#304038
:welcome
Bonjour et bienvenue Laetitia,

J'ai été plâtrée dans les années 70, et comme toi, pas de médicaments ni de soutien psychologique. Je n'ai jamais entendu parler de morphine, surtout pour une ado de 13 ans. Pour les tout-petits, c'est différent.

Alors, cette expérience du plâtre est et reste, je pense, pour tous, comme une expérience très traumatisante. Et je crois que l'odeur, les lieux, le froid, restent inscrits dans nos mémoires pour toujours.

C'est pour ça que je trouve que le forum est très important. Ca nous permet d'écrire des choses que nous ne pouvons dire à personne, parce que les autres ne comprendraient pas.

Et maintenant, comment vas-tu ?

N'hésite pas à écrire, ça permet d'évacuer. A bientôt Laetitia :hello
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By chris
#304050
Bonsoir Laetitia et bienvenue sur SP

Mes plus mauvais souvenir de traitements sont incontestablement la pose des plâtres (même les opérations n'ont pas été aussi difficiles) mais cela ne m'a pas laissé de traumatisme.
J'ai comme Fanette eu des plâtres dans les années 70 et sans aucun traitement pour la douleur. D'ailleurs je crois qu'actuellement cela ne se fait pas non plus sauf parfois une anesthésie pour les jeunes enfants.

Effectivement quand cela se fait en hospitalisation cela permet de bien surveiller et faire les retouches nécessaires tout en apprenant à vivre avec sous contrôle médicale.

Je te dis bravo d'avoir réussi à nous en parler et je te remercie de ta confiance.

Est ce qu'actuellement tu as toujours un suivi pour ta scoliose ? et comment ça va ?

ecur
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By pascal42
#304063
bonsoir, j'ai connu les plâtres dans les années 68 à 77, on ne m'a jamais parlé d'antalgique et donc encore moins de morphine. Je me souviens des jours suivant la pose du plâtre (le froid dû au plâtre humide, mobilité très réduite car plâtre trop long.......). Hospitalisation d'une semaine, ce sont des souvenirs qui ne s'effaceront pas.
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By Laetitia_7469
#304078
Bonjour,

Je lis tardivement vos messages (il faut que je règle les notifications sur mon mail... :))

Merci pour vos réponses. A la lecture de vos histoires, je vois que je ne suis pas seule.. c'est bête mais ça fait du bien. Enfin, c'est là tout l'intérêt d'un tel forum vous me direz !
J'ai aussi le sentiment que le fait d'avoir été relâchée dans la nature après la pose du plâtre, sans hospitalisation, a pu accentuer ce souvenir traumatique. Même si j'étais chez moi, dans mon environnement familial, je me souviens surtout de la détresse de mes parents, eux aussi "victimes" finalement, qui ne savaient pas comment m'aider.

Aujourd'hui, j'ai toujours un suivi régulier (tous les 5 ans) dans le centre lyonnais où j'avais terminé mon traitement étant ado.
Ma scoliose a été stabilisée par les traitements de l'époque, et n'a pas évolué depuis (19° dorsale, 23° lombaire).
Elle ne me cause aujourd'hui aucune gène, ni douleur particulière. Je croise les doigts pour que ça dure.
Et puis j'essaye de ne pas me reposer sur mes lauriers, car cette scoliose, bien qu'elle se fasse oublier, est bien là. J'essaye donc de faire de la prévention, de garder un minimum d'activité physique pour la musculature notamment, en espérant retarder l'arrivée des douleurs, qui, j'en ai bien conscience, risquent d'arriver avec l'âge.

Justement, j'ai eu un RDV de suivi l'année dernière mais n'ai pas parlé de l'incidence psy à l'époque (ça n'était vraisemblablement pas remonté suffisamment). Je compte demander un RDV pour rebalayer ça avec mon médecin, et échanger sur comment se fait la prise en charge aujourd'hui. J'espère que ça finira de m'apaiser, même si en parler ici a déjà fait beaucoup. Je l'interrogerai sur la question morphine notamment.

Merci pour votre écoute et votre bienveillance en tout cas.
Laetitia
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By Laetitia_7469
#304096
Je rajoute quelques compléments d'information, qui pourront être utiles notamment à des futures mamans qui passeraient par ce forum.

Malgré ma scoliose j'ai pu avoir deux grossesses tout à fait normales, sans plus de douleurs que des futures mamans "au dos droit".
Lors du premier accouchement la pose de la péridurale a été un peu compliquée, mais a finalement fonctionné.
Du coup pour ma deuxième grossesse, j'ai anticipé et suis allée au rendez vous anesthésiste avec ma dernière radio de contrôle. Il a pris tout un tas de notes qu'il a pu joindre à mon dossier. Le jour J, j'ai eu droit à une péridurale posée par le plus chevronné des anesthésistes présents, ça a pris un peu plus de temps qu'à la normale, mais ça a de nouveau fonctionné.

Bref, ce petit complément qui, je l'espère, pourra en rassurer parmi vous. Ma scoliose ne m'a pas empêché d'avoir deux magnifiques enfants, avec des grossesses et des accouchements qui se sont très bien passés. :)

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